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Crises de colère des tout-petits : ce qui se passe vraiment (et comment les traverser)

Les crises de colère sont bruyantes, déroutantes et tout à fait normales. Voici ce qui se passe réellement dans la tête de votre tout-petit, les différents types de crises et ce qui aide vraiment quand la banane se casse.

6 min de lecturePar Lil' Bubba

Votre tout-petit est allongé face contre terre sur le sol du supermarché parce que vous avez cassé la banane. Pas la mauvaise banane. Pas une banane abîmée. Vous l'avez épluchée par le mauvais bout, et maintenant elle est cassée, et le monde s'écroule, et la dame au rayon trois vous lance Ce Regard.

Bienvenue dans la phase des crises. C'est bruyant, c'est déroutant, et ça va vous faire remettre en question chaque choix éducatif que vous avez jamais fait. Mais voici ce que personne ne vous dit : les crises de colère sont en fait le signe que le cerveau de votre tout-petit fait exactement ce qu'il est censé faire.

Ce qui se passe vraiment dans cette petite tête

Les tout-petits ressentent les émotions aussi intensément que les adultes. La différence, c'est que la partie du cerveau responsable de la gestion de ces émotions, le cortex préfrontal, est très peu développée. Elle ne sera pas totalement mature avant le milieu de la vingtaine, ce qui explique soudainement beaucoup de choses.

Alors quand votre enfant de deux ans veut le gobelet rouge mais que vous lui avez donné le bleu, il n'est pas difficile. Il vit une vraie détresse avec absolument zéro outil pour y faire face. Imaginez vouloir quelque chose désespérément, ressentir une frustration écrasante, et n'avoir ni mots, ni stratégies, ni capacité à raisonner pour vous en sortir. Vous vous jetteriez probablement par terre aussi.

Les différentes saveurs de crise

Toutes les crises ne se ressemblent pas, et reconnaître ce qui les provoque peut vous aider à réagir d'une manière qui fonctionne vraiment.

La crise de frustration. Votre tout-petit veut mettre ses chaussures tout seul. Il n'y arrive pas. Il ne veut pas d'aide. Il n'y arrive toujours pas. La rage s'ensuit. C'est de la frustration développementale classique : ils veulent l'indépendance mais leur motricité n'a pas encore suivi.

La crise de surcharge. Trop de bruit, trop de monde, trop longtemps dans les magasins. Leur système nerveux est complètement submergé et ils ne peuvent sincèrement plus. Celles-ci ont souvent l'air différentes : plus de pleurs que de cris, plus d'agrippement que de gesticulations.

La crise de faim. Un taux de sucre bas chez un tout-petit est une bombe à retardement. Un instant ils bavardent joyeusement à propos d'un chien qu'ils ont vu, l'instant d'après ils sont inconsolables parce que leur chaussette est "bizarre". Garder un en-cas à portée de main est vraiment l'un des outils les plus efficaces pour prévenir les crises.

La crise de fatigue. Les tout-petits trop fatigués sont chaotiques. Ils sont surexcités et larmoyants en même temps, et rien de ce que vous proposez n'est bien. Si vous repérez les yeux vitreux et les oreilles qu'on se frotte avant la crise, vous avez une fenêtre. Sinon, vous la traversez.

La crise mystère. Parfois il n'y a aucune raison. Ou la raison est si profondément illogique que vous ne la comprendrez jamais. L'ombre avait l'air bizarre. L'air était trop aérien. Leur frère a respiré. Ce sont celles qui vous font rire-pleurer dans votre thé froid plus tard.

Ce qui aide vraiment sur le moment

Premièrement et le plus important : restez calme. Pas parce que vous êtes un saint, mais parce que votre calme est littéralement contagieux. Les tout-petits se co-régulent, ce qui signifie qu'ils empruntent votre état émotionnel. Si vous montez d'un cran, ils montent d'un cran. Si vous pouvez rester doux et lent, leur système nerveux finira par suivre le vôtre vers le bas.

Mettez-vous à leur hauteur. Contact visuel, s'ils le permettent. Un doux "Je vois que tu es vraiment contrarié" va plus loin que n'importe quelle explication logique sur pourquoi on ne peut pas ramener le chat du parc à la maison.

N'essayez pas de raisonner un tout-petit en pleine crise. Son cerveau pensant est hors ligne. Expliquer que la banane a le même goût quand elle est cassée est techniquement vrai et complètement inutile sur le moment. Gardez la logique pour plus tard.

Offrez du réconfort physique s'ils en veulent. Certains tout-petits veulent être portés. D'autres se cambrent loin de vous comme un chat en colère. Les deux sont normaux. Suivez leur exemple.

Un objet de réconfort familier peut aussi faire des merveilles ici. Ce vieux doudou ou le lange qu'ils ont depuis tout bébé ? Il fait un vrai travail de régulation émotionnelle, même si on dirait qu'ils se l'écrasent juste contre le visage.

Survivre à la crise en public

Le sol du supermarché. L'entrée de l'aire de jeux. Le trottoir devant la boulangerie. Les crises en public frappent différemment parce que soudain vous avez un public, et chaque personne qui regarde a une opinion.

Voici ce qu'il faut retenir : les gens qui vous jugent ont soit oublié ce que c'était, soit ne l'ont pas encore vécu. Les parents qui sont passés par là ? Ils vous font le hochement de tête solidaire. Ils vous voient. Ils ont été vous. Certains d'entre eux sont encore vous.

Votre seul travail pendant une crise en public est de garder votre enfant en sécurité et d'attendre que ça passe. Vous n'avez pas besoin de jouer la discipline pour des inconnus. Vous n'avez pas besoin d'avoir l'air de tout maîtriser. Vous devez juste être là.

Si l'environnement aggrave les choses, soulevez-les (même s'ils sont rigides comme une planche) et allez quelque part de plus calme. La voiture est un lieu de crise tout à fait acceptable. Un banc aussi. Ou le coin d'un parking où personne ne peut vous voir tous les deux avoir un petit moment. Sans jugement ici. 💛

Après la tempête

Quand la crise passe, et elle passe toujours, résistez à l'envie de faire la leçon. "Tu vois ? C'était bête, non ?" semble naturel mais ça les fait honte pour des sentiments qu'ils ne pouvaient pas contrôler.

Essayez plutôt de vous reconnecter. Un câlin, une observation calme sur ce qui s'est passé. "C'était une grosse émotion. Tu voulais vraiment le gobelet rouge." Nommer l'émotion leur apprend le vocabulaire pour la prochaine fois. Ils ne peuvent pas apprendre à dire "je suis frustré" si personne ne le nomme jamais pour eux.

Et ensuite, passez à autre chose. Les tout-petits sont spectaculairement doués pour cette partie. Une minute ils hurlent, la suivante ils montrent un pigeon comme si rien ne s'était passé. Suivez leur exemple. Le moment est passé. Laissez-le passer.

Quand les crises ressemblent à plus que des crises

La plupart des crises sont une partie tout à fait normale et adaptée au développement de la petite enfance. Elles atteignent généralement leur pic entre 18 mois et 3 ans, puis s'atténuent progressivement à mesure que le langage se développe et que la régulation émotionnelle se met en place.

Mais si les crises durent régulièrement très longtemps (30 minutes ou plus), surviennent plusieurs fois par jour, impliquent de l'automutilation (se cogner la tête, se mordre) ou si votre tout-petit ne semble jamais récupérer entre les épisodes, cela vaut la peine d'en parler à votre médecin ou pédiatre. Pas parce que quelque chose ne va pas forcément, mais parce qu'un soutien précoce peut faire une vraie différence si quelque chose d'autre se passe.

Ce que personne ne mentionne

Les crises sont dures pour vous aussi. Absorber les grosses émotions de quelqu'un d'autre toute la journée est épuisant, et le bruit seul peut déclencher une réponse de stress dans votre propre corps. C'est tout à fait normal de se sentir en colère, au bord des larmes ou juste complètement vide après une journée de crises.

Vous n'échouez pas. Vous élevez un petit humain dont le cerveau est en construction, et vous le faites sans mode d'emploi. Le fait que vous lisiez ceci, que vous essayiez de comprendre ce qui se passe et comment aider, vous dit tout ce que vous devez savoir sur le type de parent que vous êtes.

Les crises vont s'atténuer. La banane cassée deviendra une blague familiale. Et un jour, quand votre ado claquera la porte de sa chambre, vous repenserez avec tendresse au temps où il s'est effondré pour une chaussette. Bon, peut-être pas avec tendresse. Mais vous survivrez à ça aussi. 🤗

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